VERS LES “CONTRATS DE FORÊT HABITÉE”
Parmi les réjouissantes propositions de la récente Commission Coulombe sur la gestion de la forêt publique québécoise, il y en a une qui mérite notre attention particulière: le Contrat de forêt habitée (points 6.8 et 6.9 du Rapport).
- / LBR / - Il est d’ailleurs complémentaire du contrat d’aménagement forestier (CtAF) et de la convention d’aménagement forestier (CvAF), déjà existants mais pratiquement inutilisés, ainsi que du contrat de sylviculture intensive, à instaurer sur les terres publiques, l’une des priorités de la Commission (p. 176).

Ces innovations sylvicoles s’inscrivent au coeur des récentes prises de position de la Conférence régionale des élus (CRÉ), qui tente d’appliquer le principe de gouvernance régionale au domaine de la forêt, dont les ressources nous échappent par trop de chemins et de labyrinthes fiscaux... Permettez-moi d’emprunter au Rapport de la Commission un certain nombre de passages inspirants et inspirés de cette préoccupation centrale de la CRÉ.

“Les travaux de la Commission ont clairement mis en lumière le fait que certains voient une incompatibilité entre, d’une part, les intérêts à court et exclusivement ligneux des industriels détenteurs de CAAF et, d’autre part, le virage que nécessite l’orientation fondamentale d’un milieu forestier qui doit être géré comme un tout (...) et axé sur l’ensemble des ressources forestières”.

Ces projets de forêts habitées, précise le Rapport, pourront couvrir une diversité de modèles de gestion multiressource (ferme forestière, ferme en métayage, entité de gestion en commun, territoire de production multiressource, etc.) et être l’objet d’une entente formelle entre le Gouvernement et un promoteur, sur un territoire bien défini. En vertu de cette entente, le Gouvernement accepterait de contribuer aux coûts de démarrage et de certains investissements, selon les caractéristiques et les objectifs spécifiques au projet. Tant pour la matière ligneuse que pour les autres ressources, le Gouvernement consentirait au promoteur un droit d’usufruit ou un droit d’usage à long terme.

La Commission suggère enfin qu’afin de relancer les initiatives de forêt habitée sur les territoires publics et de permettre l’atteinte d’une masse critique à l’échelle du Québec, “il devient essentiel que les collectivités et les promoteurs éventuels envoient un signal sans équivoque quant à leur intérêt à y participer. À cet effet, les forces vives du milieu pourront, notamment, démontrer leur engagement en incluant dans leur projet diverses superficies de forêts privées ou de forêts intramunicipales” (p.176).

Selon l’esprit même du Rapport, concluons qu’il devient impératif d’intégrer davantage des objectifs liés à la conservation, à la protection de l’environnement, au développement socio-économique des communautés, à l’aménagement multiressource, ainsi qu’à la foresterie à une échelle plus humaine. Il importe aussi d’offrir des emplois durables, stimulants, créatifs, diversifiés et valorisants. Ces emplois permettront aux gens d’avoir un sentiment d’appartenance et de fierté à l’égard du territoire et des aménagements qui y sont faits, sachant aussi que leur contribution est un élément important de la mise en œuvre du concept de forêt habitée.

Jean Désy
Chicoutimi, 2 mars 2005
jean.desy@videotron.ca
Genre: Commentaire d'opinion
Saguenay-Lac-St-Jean - 03/02/05 - 15:48:27 hre
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