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| Corrigé de l’exercice de détection de la médiocrité argumentative contemporaine et historique préparé par Monsieur Jacques Brassard, le 6 avril 2005 | |||
Quel plaisir, à chaque semaine, de trouver les nouveaux défis préparés par monsieur Brassard. Quelles seront, cette semaine, les démonstrations de malhonnêteté intellectuelle auxquelles il nous apprendra à résister? |
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- / LBR.ca / - Cette semaine, le défi proposé est l’un des plus intéressants qu’il nous ait lancé depuis plusieurs semaines. Car les faiblesses intellectuelles exploitées par le professeur Brassard sont parmi les plus répandues qui soient, et sont ici très subtilement exploitées. Et le cancer intellectuel québécois qu’il pointe de sa plume en évoquant le triste souvenir de Jacques Parizeau est l’un des plus intéressant. Monsieur Brassard est vraiment un pédagogue hors du commun pour nous apprendre à reconnaître les multiples aspects de la médiocrité intellectuelle. Mais cessons de le couvrir de fleurs, et commençons à décortiquer l’exercice qu’il nous a patiemment préparé cette semaine. D’emblée, il faut signaler l’absence de comparaison avec la religion. Monsieur Brassard semble trouver que nous connaissons suffisamment ce sophisme. Peut-être y reviendra-t-il dans les prochaines semaines… Restons donc vigilants !
La subtilité de l’exercice de cette semaine tient au fait que pour une bonne partie du texte, Brassard tient volontairement des propos qui semblent intelligents puisqu’ils sont assez consensuels. Les sophismes qu’il commet alors, des fausses analogies, des caricatures et des procès d’intentions nombreux, n’attirent pas trop notre attention. (Sur tous ces sophismes et sur plusieurs autres, visitez la page suivante, excellente : http://www.yacknet.com/sujet/philosophie/_sophisme.html ) Nous sommes en effet tous d’accord avec lui pour dire que la corruption et le trafic d’influence sont des fléaux. En utilisant ainsi des sophismes, même pour justifier des idées saines, monsieur Brassard nous lance un message. Il veut nous montrer qu’on peut utiliser les sophismes, non seulement pour justifier des idioties, mais aussi pour mal soutenir des propos par ailleurs intelligents. Mais la leçon de malhonnêteté la plus intéressante reste à venir. En préparant sa démonstration pour nous, monsieur Brassard nous offre enfin une perspective saine sur l’un des évènements les plus minables de notre histoire collective. Et lorsque vous comprendrez la subtilité de monsieur Brassard sur ce point, vous ne pourrez que partager l’estime que j’ai pour lui. Expliquons. Parlant de ce que ressentent les québécois à mesure que se dévoilent les laideurs regardées par la commission Gomery, Monsieur Brassard nous fait bien saisir notre indignation. Les québécois, dit-il, « se sentent profondément mortifiés d’avoir été considérés par les libéraux comme une peuplade d’épais et de caves achetables et manipulables à merci ». Retenez soigneusement ces paroles lourdes de sens. Évidemment, avec des propos aussi graves, Monsieur Brassard nous prépare quelque chose. Il nous prépare une prise de conscience importante sur l’un de nos leaders. Lequel? Monsieur Jacques Parizeau. Et dans le passage où il l’évoque, Monsieur Brassard nous invite à plusieurs réflexions dans un tout petit passage riche d’exemples, riche de pistes de réflexions sur la médiocrité dont nous pouvons parfois faire preuve, personnellement ou collectivement. Comme si il nous préparait un cadeau, une sorte d’exercice historique de détection de la malhonnêteté intellectuelle, Monsieur Brassard évoque l’un des grands moments de l’histoire de la médiocrité. Il nous rappelle le discours de Monsieur Parizeau, le soir de sa défaite référendaire, discours qui a mené à son départ toujours inachevé de la scène publique québécoise. Ce soir là, monsieur Parizeau avait attribué sa défaite « à l’argent et aux votes ethniques ». Exemple grandiose de médiocrité intellectuelle vers lequel le professeur Brassard attire notre attention, tout en nous donnant la clé pour comprendre et mettre en mots l’indignation naturelle que plusieurs ont ressenti devant cette double ineptie. Pourquoi, ce soir là, étions-nous si nombreux à avoir le goût de vomir en entendant parler si stupidement ce qui nous servait alors de premier ministre? Cherchez la réponse dans la phrase que je vous demandais plus tôt de retenir. Il suffit de changer un mot ! Voici la clé du mystère. Immédiatement après le funeste discours de Parizeau… bien des québécois « se sentent profondément mortifiés d’avoir été considérés par le Premier Sinistre Jacques Parizeau comme une peuplade d’épais et de caves achetables et manipulables à merci » Voilà ce que Monsieur Brassard voulait nous faire remarquer! En proférant son explication par l’argent, Parizeau se trouvait à traiter les québécois d’imbéciles manipulables. Au moins, les libéraux qui mettaient du cash pour nous manipuler peuvent se défendre en disant qu’ils n’étaient pas absolument certains que nous n’étions pas des morons manipulables, mais qu’ils étaient prêts à courir la chance au nom de l’unité du pays. En prononçant ses paroles obscènes, Parizeau se trouvait à affirmer qu’il était CERTAIN que nous avions été des morons manipulables. Voilà la source de notre dégoût. Comprenez-vous maintenant combien nous devons une fière chandelle au professeur Brassard ? Sans son texte, nous n’aurions probablement pas pu saisir aussi précisément l’ampleur du mépris pour les québécois que ce soir là Parizeau n’arrivait plus complètement à cacher, tellement il était frustré d’avoir perdu. Et lorsqu’on comprend le sens de l’effort de Monsieur Brassard, lorsqu’on comprend que cette semaine il a voulu, en plus d’en produire comme d’habitude, évoquer un exemple historique de médiocrité intellectuelle, on comprend tout de suite la réflexion à laquelle il nous invite lorsqu’il se penche sur le « vote ethnique ». Par ces propos, Monsieur Parizeau créait une classe de citoyens différents qu’il accusait de notre défaite. Tactique archi minable cachant mal le fait qu’au moins 40% des québécois-francophones-catholiques-de-souche-française-pure-laine-avec-ceinture-fléchée avaient préféré dire « Non merci! ». C’est tellement plus facile d’attribuer la défaite au 10% d’ethnies que plein de racistes détestent déjà de toute manière. Comme ça on ne va pas se chamailler entre nous, et on va pouvoir se contenter de les haïr eux autres, tous ensemble, eux autres qui nous ont empêché d’avoir notre Petit Québec! C’est une attitude tellement minable, qu’on se demande comment la dénoncer tout en restant poli. Encore ici, Monsieur Brassard nous montre le chemin. Là ou Parizeau avait eu la grossièreté de parler d’ethnies, Brassard nous parle de « Nouveaux citoyens ». Voilà la clé. Par ces mots, Brassard nous fait comprendre l’immoralité de Parizeau, qui se trouvait à créer deux classes de citoyens, ce qui est contraire à la démocratie. Et en parlant des « Nouveaux Citoyens » qui ont gâché notre vie collective, peut-être veut il nous faire un pied de nez à nous, les blancs, nous qui étions récemment les « Nouveaux Citoyens » de l’Amérique du Nord. Peut-être Brassard veut-il ainsi nous inviter à réfléchir à ce que nous avons causé comme déboires aux civilisations qui nous ont précédés, pour comparer ensuite ce bilan avec celui des déboires que nos « ethnies » nous ont infligés. Si on comparait, j’ai l’impression qu’un petit sourire gêné fuserait, et qu’on se demanderait comment faire désormais une place juste et digne aux civilisations qui ont survécu ici malgré nous... Mais pour discuter de ces points, il vaut mieux attendre que monsieur Brassard nous y invite dans le cadre d’un autre exercice. L’occasion viendra sûrement. François Privé Professeur de philosophie |
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