| Une étudiante du Collège d'Alma s'exprime sur le mouvement étudiant | |||
L’éducation est plus qu’importante pour la société actuelle. Sans elle, plus de médecins, d’avocats et même de professeurs mais, surtout plus de citoyens conscients de vivre en démocratie et, de ce même fait, capables de prendre position pour le bien de leur société au lieu de ne penser qu’à eux-mêmes. Malheureusement, l’accès à l’éducation est de plus en plus coûteux et donc de moins en moins accessible pour les gens de la classe moyenne formant la majorité de la population, tout particulièrement depuis la coupure de 103 millions. Quelqu’un voulant faire de « grandes» études, c’est-à-dire des études universitaires, doit s’endetter d’au moins 30 000$ pour pouvoir les compléter! Cela n’a tout simplement aucun sens et ne fait que décourager des centaines d’étudiants qui n’auront pas la force de réaliser leurs rêves par manque d’argent. Ainsi, la présente réforme Charest aura pour conséquence que seules les personnes provenant des plus hauts paliers de la société auront les moyens financiers de se retrouver sur le marché du travail qualifié, comme, par exemple, dans le domaine de la médecine ou du droit. Cette politique ne pourra donc qu’accentuer la division déjà apparente des différentes classes sociales. Les autres, qui forment la majorité, ne seront tout simplement plus des décideurs orientés dans le sens de la vie démocratique puisqu’ils la trouveront injuste. En plus, l’absence de relève causerait la disparition des services sociaux essentiels , comme les hôpitaux. De plus, une crise économique serait imminente puisque le fait de ne plus avoir d’éducation signifie l’absence de métiers et, de ce fait même, plus de salaires pour dépenser dans les différents commerces! La société «tomberait » donc peu à peu. Un système d’éducation vraiment idéal, c’est-à-dire vraiment démocratisé, devrait enrayer cela et donner la possibilité à tous de s’éduquer comme il se doit sans avoir à s’endetter dangereusement. D’ailleurs, tout le monde ne fait que penser aux étudiants qui s’endettent mais, les parents qui les soutiennent et qui paient pour eux se retrouvent aussi dans une situation financière difficile. La « quasi »gratuité scolaire aiderait donc une grande partie de la population et non seulement les étudiants comme plusieurs personnes le pensent. Il existe bien d’autres facteurs pouvant accroître l’inégalité sociale dans le milieu étudiant, notamment la renommée « Cote R ». Il est évident qu’une grande partie des étudiants de notre génération est presque obsédée par les notes. C’est malheureusement un des effets malsains de cette cote R qui augmente de manière considérable la compétition entre les étudiants : cette compétition est presque ridicule et, malheureusement, de plus en plus féroce. Chacun veut savoir les notes des autres et éprouve une grande fierté en sachant qu’il est un des meilleurs. Il y a même des gens qui rabaissent les autres qui ont plus de difficulté, par pur plaisir, tout simplement pour pouvoir se sentir valorisés et importants! Ce n’est pas très normal et cela rend les relations entre les étudiants quelque peu difficiles. L’inégalité existant entre les étudiants est malheureusement omniprésente dans tous les domaines d’étude. Pourquoi? Le système d’éducation actuel ne récompense que les meilleurs, ceux qui ont accès à certains domaines d’études très ciblés, notamment le domaine de la santé et qui sont inaccessibles au reste de la population étudiante. Ce qui est malheureux, c’est que certaines personnes ayant de bonnes notes n’ont pas nécessairement autant de volonté que d’autres personnes ayant une plus grande difficulté d’apprentissage. L’abolition du critère de sélection des universités relatif aux notes est une autre chose qu’un système d’éducation idéalisé devrait faire. L’entregent, la persévérance ainsi que la minutie sont des qualités meilleures pour un médecin que de savoir comment résoudre un problème de physique! En effet, quelqu’un qui choisit d’aller en médecine uniquement parce qu’il a de bonnes notes n’aura peut-être pas autant à cœur un patient qu’une autre personne moins bonne ayant une véritable passion pour la médecine! Alors, si nous voulons vraiment avoir des personnes compétentes dans certains domaines et être certain d’être entre de bonnes mains, il faudrait, le plus vite possible enlever cette règle concernant les notes. De plus, au Québec, le taux de suicide est très élevé, tout particulièrement chez les jeunes, ce qui laisse croire que beaucoup d’étudiants sont malheureux, désespérés même. Donc, faire disparaître cette compétition entre les étudiants ferait en sorte qu’ils seraient plus à l’aise dans cet environnement qu’ils doivent fréquenter quotidiennement. Sans cette domination des meilleurs sur les plus faibles, tous seraient confiants en leur capacité à rendre leurs rêves concrets et ils en seraient d’autant plus heureux. En effet, se savoir sur le même pied d’égalité que tous les autres est très valorisant pour chacun d’entre nous. Cela pourrait diminuer le taux de suicide et de ce fait même, rebâtir une société plus solide puisque ce sont les jeunes qui formeront la prochaine génération. Est-ce possible d’espérer qu’un jour, dans un futur> proche, un système d’éducation réellement démocratique soit mis en place ici, au Québec? Pourquoi pas ? Il suffit tout simplement d’y croire et de le vouloir réellement!! C’est justement parce que le mouvement étudiant souhaite voir se constituer un tel système d’éducation démocratique qu’il est nécessaire de se tenir, en tant que société, afin de changer les choses peu à peu. Le système d’éducation le plus idéal possible, sans les coûts et les inégalités, ne pourra peut-être jamais exister mais, l »amélioration du ce qui existe déjà est tout à fait possible et en y mettant un peu d’efforts, parfaitement réalisable. La grève étudiante actuelle est donc tout simplement nécessaire pour · l’amélioration de ce système d’éducation qui semble être, selon plusieurs personnes, « malade ». Le mouvement de grève général des étudiants du Québec veut tout simplement faire avancer les choses afin de donner un système d’éducation meilleur aux générations futures. Rachel Girard Étudiante en sciences du Collège d’Alma |
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