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| Parkas d'hiver et bikinis seraient inutiles au Saguenay | |||
Ce titre vous fait sursauter ? Pourtant, c'est ce qu'on pourrait conclure si on se fie uniquement aux températures moyennes à Saguenay, qui sont de -12 degrés C en hiver et de 14 degrés C en été. Le raisonnement vous paraît absurde ? Vous avez bien raison. |
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- / LBR.ca / - Mais c'est un raisonnement du même ordre que fait Jean-Marc Tremblay dans l'édition du Réveil du dimanche 1er mai lorsqu'il utilise les statistiques sur la fréquentation moyenne des spectacles au Québec pour conclure qu'une salle de 1 200 places serait inutile à Saguenay. Ginette Sirois, directrice du Cégep de Chicoutimi, allait dans le même sens en décembre dernier lorsqu'elle justifiait le projet d'une salle de 814 places en déclarant que "de toute façon, 80 % des spectacles présentés à l'auditorium Dufour attirent moins de 800 spectateurs".
Ces raisonnements sont fallacieux et dénotent une grande ignorance de la réalité de la diffusion de spectacles. En effet, tous les diffuseurs sérieux savent que dans une saison de spectacles équilibrée, seulement quelques artistes très populaires font salle comble. Mais ce sont les profits générés par ces quelques représentations qui permettent de faire découvrir d'autres artistes moins populaires, d'encourager la relève et de développer des publics pour des spectacles moins courus mais tout aussi intéressants. Les trois cents derniers spectateurs sont "plus payants" que les trois cents premiers, puisque la présentation d'un spectacle suppose des frais importants qu'il faut payer quel que soit le nombre de billets vendus (cachets, frais de salle, techniciens, publicité, etc.). D'où l'importance d'avoir accès à une salle d'une capacité suffisante pour que le prix des billets demeure abordable. Par ailleurs, l'enquête menée par Solid'ART sur une quinzaine de projets de construction ou rénovation de salles de spectacles ailleurs au Québec révèle que partout où de tels projets ont eu lieu, le nombre de représentations et le nombre de spectateurs ont augmenté considérablement, du simple au double dans bien des cas et même plus. Il faut penser que la situation serait similaire à Chicoutimi, où il est bien connu que plusieurs personnes ont renoncé à fréquenter l'auditorium Dufour à cause de sa désuétude et de son inconfort. Planifier un équipement culturel avec lequel on devra vivre pendant des décennies mérite qu'on fasse preuve de vision et qu'on se base sur des données sérieuses. Les raccourcis trompeurs fondés sur l'utilisation des moyennes n'en sont pas. Denise Turcotte, présidente Solid'ART Saguenay-Lac-St-Jean |
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