Fidèle à sa manière, le maire de Saguenay s'invite sans permission dans nos bouches.
2010-02-05 13:50 - Commentaire d'opinion
- / LBR.ca / - Fidèle à sa manière, le maire de Saguenay s'invite sans permission dans nos bouches. Jean Tremblay a décrété qu'il n'y aurait pas de consultation et qu'on se le tienne pour dit: l'eau sera fluorée. C'est le Gouvernement du Québec qui acquitte la facture de 2M $ et la Ville assume l'entretien des installations au coût annuel de 90 000 $.
Que les porteurs de dentiers, les arroseurs d'asphalte, les laveurs d'autos et les remplisseurs de piscines se rassurent: ils pourront continuer de puiser sans crainte dans l'aquifère, le maire ne se soucie pas de l'utilisation abusive de cette ressource vitale. Il veut améliorer la santé dentaire de «ses» 150 000 citoyens qu'ils le veuillent ou non, eux qui jusque là n'avaient encore rien demandé en cette matière.
Pourquoi, tout à coup, s'intéresser à cette partie relativement intime de notre anatomie? D'où vient cette subite attention pour notre dentition? À ma connaissance, la santé dentaire comme celle de l'ensemble du corps humain comporte une part importante de responsabilité individuelle. L'habitude de brosser ses dents s'acquiert par l'éducation et par l'acceptation des bénéfices que procure une telle pratique. Mais chacun reste maître de son corps.
Les pouvoirs publics et les organismes de santé publique ont cependant la responsabilité de mettre à la disposition des citoyens les informations pertinentes pour que chacun puisse poser des gestes responsables pour préserver son intégrité physique. Les autorités doivent aider les familles et les individus qui n'ont pas les ressources nécessaires pour se garder en santé. En cette matière, les CLSC existent pour sensibiliser, pour éduquer et pour rendre accessibles les ressources sanitaires à tous les citoyens. Il faut aider les gens qui ne peuvent pas se payer des nettoyages de dents à 150 $ pièce.
Avant d'entrer dans leurs bouches avec ses gros sabots fluorés, le maire de Saguenay devrait s'intéresser à la santé globale de ses citoyens. Il pourrait, par exemple, leur offrir des trottoirs là où ils n'existent pas et les rendre accessibles et sécuritaires en tout temps, en toute saison.
Cette contribution à la santé publique semblerait plus adéquate qu'une médecine de cheval imposée à tous sans discernement qui s'apparente, encore une fois, à de l'abus de pouvoir.